Candidature de Lana Nusseibeh à l'ONU : ce que Rabat en attend, selon Le7tv
Selon Le7tv, la candidature de Lana Nusseibeh, proposée par les Émirats arabes unis pour le poste de secrétaire général de l'ONU, pourrait être suivie de près à Rabat comme à Alger. Le média refuse toutefois de conclure à une opposition algérienne formelle.
Le 26 octobre, Le7tv écrit que la candidature de Lana Nusseibeh au poste de secrétaire général de l'ONU « pourrait être observée avec une attention particulière à Rabat comme à Alger, sans que cela permette, à lui seul, de conclure à l'existence d'une opposition algérienne formelle à sa nomination ». Les Émirats arabes unis ont proposé cette candidature le mercredi 21 octobre.
Lana Nusseibeh est secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères émirati. Jusqu'ici, elle était envoyée spéciale auprès de l'ONU et de l'Union européenne, précise Le Monde dans son édition du 24 octobre.
Une candidature dans une succession ouverte
Le 22 octobre, La Libre Belgique rapporte le communiqué de la candidate : « Je suis candidate au poste de secrétaire général car j'estime que le moment est venu d'agir avec une plus grande urgence : intervenir plus tôt, rassembler les individus par-delà leurs différences et avancer jusqu'à l'obtention de résultats concrets ».
Le Monde situe cette annonce dans une succession sans favori. Les tractations durent depuis des mois, et le second mandat du Portugais Antonio Guterres prend fin le 31 décembre.
Ce que montrent les faits
La Libre indique qu'aucun des sept candidats en lice n'a convaincu les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le 16 octobre, chacun a essuyé au moins un vote négatif d'un membre doté du droit de veto.
Le Monde note que la prétention des Émirats à diriger le secrétariat de l'instance « a immédiatement suscité de nombreuses critiques ». La Libre cite de son côté Radio France internationale, pour qui « une candidature du Golfe peut se justifier » et pourrait marquer un « tournant dans cette élection ». RFI qualifie cette candidature de « surprise ». Elle ajoute un argument en faveur de la candidate : depuis le début de la guerre en Iran, les Émirats se tiennent aux côtés de Washington et d'Israël face à Téhéran.
Des réserves existent aussi. Selon La Libre, la candidature pourrait « faire tiquer Israël ou d'autres pays soupçonnant l'implication des Émirats dans la guerre au Soudan ».
Le7tv, lui, pose des limites à sa propre lecture. Le média écrit que les modalités exactes des blocages évoqués autour des candidatures et le nombre de candidatures concernées « nécessitent toutefois une confirmation auprès de sources fiables ». Il refuse aussi de déduire une opposition algérienne formelle. Il rappelle enfin que le secrétaire général exerce ses responsabilités dans le cadre de la Charte des Nations unies et doit tenir compte des décisions des organes compétents, notamment du Conseil de sécurité.
Abou Dhabi et Rabat : un socle sur le Sahara
Pour Le7tv, le lien entre les deux capitales repose sur un fait précis. Les Émirats « soutiennent l'intégrité territoriale du Maroc et ont ouvert un consulat général à Laâyoune, un geste diplomatique qui matérialise leur position sur ce dossier ».
Le média oppose cette position à celle de l'Algérie, qui appuie le Front Polisario. Il replace aussi le dossier dans les désaccords entre Abou Dhabi et Alger sur plusieurs questions africaines, notamment la Libye et le Soudan. Selon Le7tv, la candidature se trouve ainsi « au cœur de plusieurs enjeux géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».
Ce que Rabat peut en attendre
Le7tv avance deux effets possibles. Une nomination de Lana Nusseibeh « pourrait renforcer la visibilité d'une diplomatie issue d'un pays partenaire du Maroc au sommet de l'organisation internationale ». Elle ouvrirait aussi une séquence dans laquelle Rabat « suivrait nécessairement l'évolution des positions du futur secrétaire général sur les grands dossiers internationaux, dont le Sahara marocain ».
L'attente a toutefois sa limite, selon le même média. L'intérêt éventuel de cette candidature pour le Maroc dépendrait « moins de la nationalité de la candidate que de ses positions publiques, de sa pratique diplomatique et de sa capacité à gérer le dossier du Sahara dans le cadre des Nations unies ». Le7tv sépare ainsi le soutien politique des Émirats de la fonction institutionnelle du secrétaire général.
Le mandat d'Antonio Guterres s'achève le 31 décembre.
Sources
- •Le7tv (fr.le7tv.ma), 26 octobre 2026
- •Le Monde (lemonde.fr), 24 octobre 2026
- •La Libre Belgique (lalibre.be), 22 octobre 2026
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