Commandant Hakima Edahri, casque bleu marocaine à Goma : les femmes des FAR au service de la paix
Officière des Forces Armées Royales, mère de cinq enfants, elle protège les civils du Nord-Kivu au sein de la MONUSCO. Son parcours raconte soixante-six ans d’engagement marocain pour la paix, et la place que les femmes y prennent.
En bref
- •Le commandant Hakima Edahri, 45 ans, sert à Goma, en République démocratique du Congo, au sein de la mission de l’ONU (MONUSCO). Elle dirige la section engagement du bataillon marocain et y est chargée des questions de genre.
- •Le Maroc envoie des casques bleus depuis 1960. Environ 1 700 militaires marocains servent aujourd’hui en RDC et en Centrafrique.
- •Les femmes des Forces Armées Royales y prennent une place visible, et le Maroc forme aussi des femmes militaires venues d’autres pays.
Une officière au Nord-Kivu
Le 28 mai 2026, pour la Journée internationale des Casques bleus, la MONUSCO a publié son portrait. On y découvre une femme de 45 ans, mère de cinq enfants, qui sert dans l’armée marocaine depuis 1999.
Elle est arrivée à la MONUSCO en octobre 2025. D’abord à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. Puis à Goma, la grande ville du Nord-Kivu, où les violences armées font partie du quotidien.
Son poste ? Cheffe de la section engagement du Bataillon de déploiement rapide des FAR et point focal genre. Dit simplement : c’est elle qui fait le lien entre les soldats et la population. Les femmes, les chefs de quartier, les familles. Et les enfants, qu’elle regarde avec des yeux de mère.
« Le courage des enfants du Nord-Kivu nous rappelle pourquoi notre mission est essentielle. »
Elle parle d’un environnement « exigeant et profondément formateur ». Et quand on lui demande ce qui la tient, la réponse est courte :
« Ma famille est ma plus grande force. »
Pourquoi une femme à ce poste change tout
Dans une zone de conflit, une partie de la population ne parle pas à un soldat homme. Pas d’une agression subie, pas d’une menace, pas d’un enfant disparu. À une femme en uniforme, si.
C’est tout le sens de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2000 : les femmes doivent être présentes dans les missions de paix, parce que la protection des civils en dépend. Un point focal genre, c’est cette porte ouverte.
Le contingent marocain l’a compris depuis longtemps. Pour la Journée internationale des femmes 2020 déjà, à Kiwanja, là même où le commandant Edahri a commencé sa mission, il organisait une journée pour honorer les femmes leaders de la communauté, et un match de football entre les filles de deux écoles du quartier.
Le Maroc, casque bleu depuis 1960
L’engagement ne date pas d’hier. Le Maroc a participé à sa première opération de maintien de la paix en 1960, au Congo, quatre ans après la création des Forces Armées Royales. Depuis, des dizaines de milliers de soldats marocains ont porté le casque bleu, de l’Afrique aux Balkans.
Aujourd’hui, le Royaume compte 1 714 casques bleus déployés à la MONUSCO, en RDC, et à la MINUSCA, en Centrafrique. Il figure parmi les principaux pays contributeurs de troupes de l’ONU.
Cet engagement a un prix. En juin 2026, l’ONU a honoré à titre posthume trois casques bleus marocains tombés en mission, deux en Centrafrique et un en RDC.
Le Maroc forme aussi les femmes des autres armées
Le Maroc ne se contente pas d’envoyer ses militaires. Il forme.
À Agadir, au quartier général de la Zone Sud des FAR, une session de trois semaines s’est achevée le 22 août 2025. Elle réunissait 23 femmes militaires de 14 nationalités, en majorité africaines, aux côtés d’officières venues d’Europe et du Canada. Le programme, conçu avec ONU Femmes et le Département des opérations de paix de l’ONU, les prépare à prendre des postes de commandement dans les missions.
Autrement dit : des officières du continent apprennent au Maroc le métier qu’exerce le commandant Edahri à Goma.
Pour nos filles
Pour une jeune Marocaine née à Bruxelles, à Lyon ou à Montréal, ce portrait dit une chose simple. L’uniforme des Forces Armées Royales se porte aussi au féminin, jusqu’aux postes de responsabilité, et jusque sous le casque bleu.
Le commandant Edahri le résume ainsi : en tant que casque bleu marocaine, elle a le devoir de servir la paix et de protéger les civils.
Sources
- •Portrait « Hakima Edahri: restoring hope despite hardship and violence », MONUSCO, 28 mai 2026 (citations traduites de l’anglais).
- •Première participation marocaine au maintien de la paix, Congo 1960 (Le360).
- •Effectifs marocains à la MONUSCO et à la MINUSCA, et hommage de l’ONU aux trois casques bleus marocains (Morocco World News, juin 2026).
- •Formation des femmes militaires à Agadir (MAP via maroc.ma, Hespress, août 2025).
- •Journée de la femme 2020 à Kiwanja (photothèque de la MONUSCO).
- •Photo de couverture : MONUSCO Photos, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons.
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