EES : ce que le nouveau système de frontières européen change concrètement pour les MRE cet été
Opérationnel depuis le 10 avril 2026, l'EES remplace les tampons papier par un scan biométrique à chaque passage Schengen. Ce que vous devez savoir avant de prendre le ferry ou l'avion cet été.
L'EES est en vigueur depuis le 10 avril 2026
Le système Entry/Exit System (EES) de l'Union européenne est opérationnel depuis le 10 avril 2026. Il marque une rupture avec 60 ans de tampons papier dans les passeports : désormais, chaque entrée et sortie de l'espace Schengen est enregistrée numériquement avec une photo du visage et les empreintes digitales.
Pour les 4 millions de MRE qui traversent la Méditerranée chaque été dans le cadre de l'Opération Marhaba, l'EES pose des questions pratiques immédiates.
Qui est exempté ? La bonne nouvelle pour la majorité des MRE
La première chose à savoir : si vous êtes titulaire d'un titre de séjour européen valide (carte de séjour française, TIE espagnol, permis de séjour néerlandais, etc.), vous n'êtes pas soumis à l'EES. L'article 2(3) du Règlement (UE) 2017/2226 vous assimile à un résident européen pour les passages de frontières. Vous présentez votre titre de séjour avec votre passeport marocain et passez dans la file résidents.
Cette exemption concerne l'immense majorité des MRE résidant légalement en Europe.
Qui est concerné ?
L'EES s'applique aux ressortissants de pays tiers (comme le Maroc) qui entrent dans l'espace Schengen sans titre de séjour valide : touristes, étudiants dont le titre est expiré, personnes en attente de renouvellement dont le récépissé n'est pas reconnu au pays de passage.
Pour ces voyageurs, l'EES enregistre chaque entrée et sortie et calcule automatiquement le solde de jours disponibles dans le quota de 90 jours sur 180 jours glissants.
Ce qui change concrètement aux frontières
Aux ports d'Algeciras et Tarifa (lignes vers Tanger Med et Tanger Ville, les plus empruntées par les MRE) : des bornes EES en libre-service ont été installées. Les titulaires de titre de séjour ont des couloirs dédiés pour éviter les files EES. Pour les voyageurs soumis à l'EES, prévoyez 30 à 60 minutes supplémentaires lors du premier passage (enregistrement biométrique initial : 5 à 10 min).
Aux aéroports (Paris CDG, Orly, Lyon, Bruxelles, Amsterdam) : les délais ont été plus importants lors des premières semaines. Les autorités prévoient un retour à la normale progressif après l'été 2026. Pour cet été, comptez 2 à 4 heures de délai supplémentaire aux heures de pointe.
La règle des 90/180 jours : plus de tolérance possible
L'une des conséquences majeures de l'EES est la fin de l'ambiguïté sur les séjours courts. Auparavant, les tampons papier étaient parfois illisibles ou manquants. Désormais, chaque jour de présence dans l'espace Schengen est enregistré avec précision.
Un dépassement des 90 jours est détecté automatiquement à la sortie de l'espace Schengen. Les sanctions : amende jusqu'à 3 750 EUR (France) et interdiction d'entrée de 1 à 5 ans.
Ce que nous recommandons avant cet été
- •Vérifiez que votre titre de séjour est valide avant le départ. Un titre expiré même d'un jour vous soumet à l'EES.
- •Calculez votre solde de jours sur le calculateur officiel de la Commission européenne si vous n'avez pas de titre de séjour.
- •Prévoyez du temps supplémentaire à la frontière, surtout pour le premier passage.
- •Ne tentez pas de contourner les contrôles : le système est interconnecté entre tous les pays Schengen.
Pour aller plus loin, consultez notre guide complet EES pour les MRE sur LesMRE.com.
Sources : Règlement (UE) 2017/2226 du Parlement européen, Commission européenne (home-affairs.ec.europa.eu), Opération Marhaba 2026 (fm5.ma)
Articles similaires
Guides pratiques associes
Vous avez un projet au Maroc ?
Trouvez un expert vérifié par LesMRE pour vous accompagner dans vos démarches.
Trouver un expert →


