L'Europe encourage les usines vertes au Maroc, mais ses nouvelles règles pourraient les pénaliser
Une étude européenne confirme le potentiel du Maroc comme hub d’industrie verte, mais signale trois obstacles : financement, infrastructures énergétiques et nouvelles règles commerciales de Bruxelles qui pourraient défavoriser les produits marocains.
L’Europe pousse le Maroc vers l’industrie verte, mais ses propres règles menacent de freiner l’élan
Le Maroc coche toutes les cases pour devenir un centre de production industrielle verte aux portes de l’Europe. C’est ce que confirme une étude européenne, qui met pourtant en garde contre trois obstacles majeurs : le financement, les infrastructures énergétiques et les nouvelles règles commerciales de Bruxelles. Les ambitions marocaines sont réelles, mais la route vers les usines vertes est semée d’embûches, et certaines viennent directement des politiques européennes.
Côté énergie, le bilan est contrasté. Les énergies renouvelables représentent une part importante de la puissance électrique installée, mais leur contribution à la production effective d’électricité reste modeste. L’industrie marocaine dépend encore largement des combustibles fossiles importés, et le réseau électrique souffre de difficultés structurelles : raccordements compliqués, coûts de transport élevés et éloignement entre les zones de production solaire ou éolienne et les grands centres industriels. Autant de freins pour les investisseurs, notamment ceux de l’hydrogène vert, qui attendent des acheteurs européens des contrats de longue durée. Or ces derniers hésitent, et les mécanismes de soutien côté européen restent flous.
La contradiction devient plus nette sur le plan commercial. Bruxelles craint que des entreprises n’utilisent le Maroc pour contourner les droits de douane imposés aux produits chinois subventionnés. En conséquence, les nouvelles règles européennes pourraient favoriser les composants fabriqués dans l’Union pour les marchés publics et les programmes d’aide, sans accorder le même traitement aux produits fabriqués au Maroc. Une situation délicate, surtout pour les fabricants de batteries installés au Royaume, dont les investissements visent en grande partie les constructeurs automobiles européens.
En clair, le Maroc avance sur la voie de l’industrie verte, encouragé par l’Europe qui y voit un partenaire stratégique. Mais les règles du jeu changent en cours de route, et ceux qui ont misé sur le marché européen pourraient se retrouver pris en étau.
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