Un Marocain naturalisé français n'a pas à renoncer à sa nationalité d'origine selon le droit français, qui admet la plurinationalité. Côté marocain, le Code de la nationalité ne prévoit pas de perte automatique : la perte suppose un décret qui autorise à renoncer. Informations vérifiées le 21 octobre 2026 sur service-public.gouv.fr et dans le texte du Code de la nationalité marocaine.
Coûts et frais
| Demande de naturalisation française | 255 € (127,50 € en Guyane) | Payé par timbre fiscal, ou auprès du consulat pour une demande déposée à l'étranger, selon la fiche F2213. |
| Demande de renonciation à la nationalité marocaine | Non précisé par le Code : à vérifier auprès du consulat du Maroc | Le Code de la nationalité ne fixe aucun montant. Les tarifs consulaires n'ont pas pu être vérifiés. |
| Certificat de nationalité marocaine | Droits de chancellerie : à vérifier auprès du consulat du Maroc | La page des tarifs du site des consulats n'était pas accessible le 21 octobre 2026. |
Délais à prévoir
Savoir ce que prévoit le droit français
Le droit français admet la plurinationalité : une personne peut posséder deux nationalités, ou davantage. Selon la fiche de Service Public sur le sujet, le droit français n'impose ni à un étranger devenu français de renoncer à sa nationalité d'origine, ni à un Français qui en acquiert une autre de renoncer à la nationalité française. Un Français qui possède aussi une autre nationalité a les mêmes droits et obligations que les autres Français. Une naturalisation française ne s'accompagne donc d'aucune obligation de renoncer à la nationalité marocaine qui vienne du droit français. Ce que devient la nationalité marocaine dépend de la législation marocaine, détaillée aux étapes 4 et 5.
Connaître les conditions générales de la naturalisation
La naturalisation par décret s'adresse à une personne d'au moins 18 ans (le dépôt est possible dès 17 ans). Les conditions principales : résider en France au moment de la signature du décret, avoir un titre de séjour en cours de validité au dépôt (sauf pour les ressortissants de l'UE, de l'EEE et les Suisses), connaître suffisamment le français, avoir réussi l'examen civique et passé l'entretien en préfecture, disposer de revenus stables et suffisants, et ne pas avoir de condamnation pénale ferme de 6 mois ou plus. Pour une personne qui vit en France, la durée de résidence exigée est de 5 ans, avec des exceptions à 2 ans ou sans durée minimale. La fiche distingue le parcours des personnes qui vivent en France et de celles qui vivent à l'étranger.
⚠️ Attention : Ce guide ne détaille pas la procédure de naturalisation : le détail des dix étapes figure sur la fiche officielle de Service Public.
Indiquer ses nationalités dans la demande
D'après la fiche de Service Public, la personne qui demande la naturalisation indique les nationalités qu'elle possède et celles qu'elle souhaite conserver ou abandonner. Cette indication ne remplace pas la procédure marocaine : d'après l'article 19 du Code de la nationalité marocaine, la perte de la nationalité marocaine suppose un décret qui autorise l'intéressé à y renoncer. Le décret de naturalisation français, lui, prend effet à la date de sa signature. Il peut être retiré dans les 2 ans suivant sa publication au Journal officiel si les conditions n'étaient pas remplies, ou dans les 2 ans suivant la découverte d'une fraude.
Lire ce que dit le Code de la nationalité marocaine
L'article 19 du Code de la nationalité marocaine (dahir 1-58-250, dans sa rédaction issue de la loi 62-06) énumère les cas de perte. Pour le Marocain majeur qui a acquis volontairement une nationalité étrangère à l'étranger, la perte vise celui qui est, en plus, autorisé par décret à renoncer à la nationalité marocaine. Le texte lu ne prévoit donc pas de perte au seul motif de l'acquisition de la nationalité française. L'article 20 précise que la perte prend effet à la date de publication du décret d'autorisation. Le texte lu pour ce guide est la version consolidée publiée par le ministère de la Justice sur adala.justice.gov.ma, qui intègre la loi 62-06.
⚠️ Attention : La situation personnelle de chacun (décret de renonciation, dossier en cours) se vérifie auprès du consulat du Maroc.
Savoir comment se demande la renonciation
Selon l'article 25 du Code, les demandes et déclarations en vue de perdre la nationalité marocaine sont adressées au ministre de la justice, avec les pièces nécessaires. Une personne qui réside à l'étranger peut les remettre aux agents diplomatiques ou consulaires du Maroc. Le ministre déclare la demande irrecevable si les conditions légales ne sont pas remplies, et peut la rejeter si elles le sont (article 26). Lorsque la demande aboutit, la perte résulte d'un décret, publié au Bulletin officiel (articles 19, 20 et 29). Le Code ne dresse pas la liste des pièces à fournir ni les modalités pratiques : elles sont à demander au consulat.
Mesurer les effets sur les enfants mineurs
Côté français, les enfants mineurs non mariés qui résident habituellement avec le demandeur peuvent devenir français s'ils sont mentionnés dans le décret de naturalisation. Côté marocain, l'article 21 du Code prévoit que la perte de la nationalité marocaine s'étend de plein droit aux enfants mineurs non mariés de l'intéressé lorsqu'ils demeurent effectivement avec lui, dans les cas de perte des paragraphes 1, 2 et 4 de l'article 19. Cette extension vise le cas où un décret de renonciation a été obtenu, pas la simple naturalisation française. Pour la transmission de la nationalité marocaine aux enfants nés à l'étranger, un guide dédié existe sur le site : /fr/guides/nationalite-marocaine-enfants-nes-etranger.
Prouver sa nationalité marocaine et vivre avec deux nationalités
Selon Service Public, un Français plurinational ne peut généralement pas se prévaloir de sa nationalité française sur le territoire d'un État dont il a aussi la nationalité : cet État le considère souvent comme son seul ressortissant, et la France ne peut pas lui accorder sa protection diplomatique. Pour prouver la nationalité marocaine, le site des consulats du Maroc précise qu'un passeport régulièrement établi ne constitue pas un certificat de nationalité au sens de l'article 33 du Code. Ce certificat relève du Procureur du Roi près le tribunal de première instance compétent au Maroc, et la demande peut être déposée auprès du consulat.
Pour aller plus loin
Le droit français et le droit marocain répondent chacun à leur manière, et les deux réponses se lisent séparément. En France, la plurinationalité est admise : Service Public indique que ni l'étranger devenu français, ni le Français qui acquiert une autre nationalité, n'a à renoncer à celle qu'il possède. Au Maroc, le Code de la nationalité énumère, à l'article 19, les cas de perte. Pour le Marocain majeur qui a acquis volontairement une nationalité étrangère, la perte exige un décret qui l'autorise à renoncer ; elle prend effet à la publication de ce décret (article 20).
D'autres cas de perte figurent dans le même article. Un Marocain, même mineur, qui a une nationalité étrangère d'origine peut aussi être autorisé par décret à renoncer. Le cinquième cas concerne le Marocain qui remplit une mission ou occupe un emploi dans un service public d'un État étranger ou dans une armée étrangère et le conserve plus de six mois après une injonction des autorités marocaines de le quitter, lorsque cette mission ou cet emploi est contraire à l'intérêt national ; le décret de perte ne peut alors intervenir qu'après ce délai et une fois l'intéressé mis en mesure de présenter ses observations. Ce cas ne vise pas la naturalisation en elle-même. Enfin, l'enfant d'un mariage mixte, considéré comme marocain par sa mère, peut exprimer entre 18 et 20 ans sa volonté de conserver uniquement la nationalité de l'un de ses parents, par déclaration au ministre de la justice.
Pour une personne qui aurait perdu la nationalité marocaine, l'article 15 prévoit que la réintégration peut être accordée par décret à toute personne qui l'a possédée comme nationalité d'origine et qui en fait la demande. Les demandes et déclarations sont adressées au ministre de la justice, et peuvent être remises aux agents diplomatiques ou consulaires lorsque leur auteur réside à l'étranger. Le texte lu est la version consolidée du ministère de la Justice (adala.justice.gov.ma), qui intègre la loi 62-06 : une situation personnelle se vérifie auprès du consulat du Maroc.
❌ Erreurs fréquentes à éviter
- ✕La naturalisation française ne fait pas perdre automatiquement la nationalité marocaine : d'après l'article 19 du Code, la perte suppose un décret qui autorise à y renoncer.
- ✕Le droit français n'oblige pas un étranger devenu français à renoncer à sa nationalité d'origine.
- ✕Indiquer dans la demande de naturalisation qu'on souhaite abandonner une nationalité ne produit pas à lui seul la perte de la nationalité marocaine, qui relève d'un décret marocain.
- ✕Un passeport marocain ne constitue pas un certificat de nationalité : seul le tribunal marocain compétent délivre ce certificat.
- ✕L'attestation de reconnaissance de nationalité délivrée par un consulat ne remplace pas le certificat de nationalité.
🔗 Liens et ressources officielles
Service Public : Peut-on avoir plusieurs nationalités en France ?
Fiche F334 sur la plurinationalité : acquisition, effets et perte possible.
Service Public : Naturalisation française par décret
Fiche F2213 : conditions, coût, délais et recours.
Code de la nationalité marocaine (ministère de la Justice, adala.justice.gov.ma)
Texte du dahir 1-58-250 modifié par la loi 62-06, dont les articles 19 à 21 et 25 sur la perte de la nationalité.
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