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Rédiger son testament marocain depuis l'étranger : guide complet MRE

Guide complet pour rédiger un testament marocain depuis l'étranger : règles de la wasiyya, notaire marocain, procuration, et gestion des biens au Maroc pour les MRE.

Mis a jour : avril 2026 · Verifie par l'equipe editoriale LesMRE

🕐 8 min de lecture📋 5 étapesContenu vérifié 2026

La loi marocaine régit les successions au Maroc selon les règles islamiques de l'héritage (fara'id). Un testament marocain (wasiyya) permet de léguer jusqu'à 1/3 de ses biens à des personnes qui ne sont pas héritières légales, les 2/3 restants étant obligatoirement partagés selon les règles coraniques. Pour les MRE, rédiger ce testament depuis l'étranger est possible mais requiert une approche rigoureuse.

Coûts et frais

Honoraires notaire marocain (acte de testament)300–800 DHHors timbre fiscal
Timbre fiscal20–50 DHVariable selon acte
Traduction assermentée des pièces100–300 EURSi documents étrangers à fournir
Légalisation / apostille30–100 EURPour documents rédigés à l'étranger
Procuration notariée (si signature par procuration)150–300 EURChez un notaire français ou belge

Délais à prévoir

1–2 semaines
Inventaire des biens et identification des bénéficiaires
1–4 semaines
Consultation notaire marocain (en personne ou à distance)
1–3 semaines
Rédaction et signature de l'acte de testamentNécessite présence au Maroc ou procuration
1–2 semaines
Enregistrement et conservation
1–3 mois
Total estimé
1

Inventorier ses biens au Maroc et identifier les bénéficiaires

Avant de rédiger un testament, dressez la liste précise de tous vos biens situés au Maroc : biens immobiliers (appartements, terrains, maisons), comptes bancaires marocains, parts de société, véhicules, bijoux et autres actifs. Pour chaque bien, identifiez les héritiers légaux selon le droit marocain (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs selon leur rang). Ensuite, identifiez les personnes ou causes à qui vous souhaitez léguer une part — ces personnes doivent être des non-héritiers légaux pour figurer dans le testament (wasiyya).

💡 Conseil — Consultez un avocat ou notaire spécialisé pour dresser la liste de vos héritiers légaux selon les règles islamiques. La hiérarchie peut surprendre : par exemple, en présence d'enfants mâles, les filles héritent de moitié.

2

Comprendre les règles de la wasiyya (1/3 maximum)

La wasiyya (testament islamique) est strictement encadrée : vous ne pouvez léguer par testament qu'au maximum 1/3 de votre patrimoine total, et uniquement à des personnes qui ne sont pas déjà vos héritiers légaux. Il est interdit de léguer à un héritier légal (héritier réservataire) par testament sans l'accord des autres héritiers. Les 2/3 restants sont partagés selon les règles coraniques (fara'id) indépendamment de vos souhaits. Un conjoint étranger non-musulman peut être bénéficiaire de ce tiers si votre testament le stipule expressément.

💡 Conseil — Le tiers libre peut être légué à une association, une oeuvre caritative, un ami, un enfant naturel non reconnu, ou votre conjoint étranger. C'est le seul levier de personnalisation du droit successoral marocain.

⚠️ Attention — Tenter de léguer plus d'1/3 de vos biens à des non-héritiers ou de déshériter un héritier réservataire rendra cette partie du testament nulle et non avenue. Le tribunal marocain l'annulera.

3

Contacter un notaire marocain (en personne ou par procuration)

Le testament le plus solide juridiquement est l'acte notarié marocain, rédigé devant un notaire (adoul ou notaire de droit moderne). Si vous êtes à l'étranger, deux options existent : vous déplacez au Maroc pour signer l'acte, ou vous établissez une procuration notariée dans votre pays de résidence donnant pouvoir à un représentant (membre de la famille ou avocat) de signer à votre place au Maroc. La procuration doit être apostillée et traduite en arabe. Un testament olographe (écrit de la main, daté, signé) rédigé en France est légalement valable mais son application aux biens marocains peut être complexe.

💡 Conseil — Plusieurs notaires marocains proposent des consultations à distance par visioconférence pour préparer le dossier avant votre venue. Renseignez-vous auprès de l'Association des Notaires du Maroc.

⚠️ Attention — Évitez le testament olographe seul pour vos biens marocains. Sans acte notarié marocain, les héritiers devront engager une procédure de reconnaissance du testament étranger, longue et coûteuse.

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Rédiger et signer l'acte de testament devant notaire

Lors de la signature chez le notaire marocain, vous dictez ou remettez le texte de votre testament. Le notaire vérifie la conformité avec la loi marocaine (règle du 1/3, identité des bénéficiaires, description précise des biens légués). L'acte est ensuite signé devant deux témoins adultes musulmans (adoul) et enregistré. Le notaire remet un exemplaire original et conserve une copie dans ses registres. Si vous passez par procuration, votre représentant accomplit cette étape à votre place avec la procuration apostillée.

💡 Conseil — Décrivez les biens légués avec la plus grande précision : numéro de titre foncier, adresse complète, désignation cadastrale. Une description vague peut conduire à des litiges lors de la succession.

5

Conserver le testament et informer les personnes concernées

Conservez l'original du testament en lieu sûr (coffre-fort, notaire) et remettez une copie certifiée conforme à une personne de confiance. Informez les bénéficiaires de l'existence du testament sans nécessairement leur en révéler le contenu. Il est prudent d'indiquer à un proche l'emplacement de l'acte. En France, vous pouvez également enregistrer votre testament au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) pour 27 EUR — cela facilite sa découverte après décès. Mettez le testament à jour après chaque acquisition ou cession importante d'un bien au Maroc.

💡 Conseil — Relisez votre testament tous les 3 à 5 ans et après tout événement familial majeur (mariage, naissance, divorce) pour vous assurer qu'il reflète toujours vos volontés.

⚠️ Attention — Ne remettez pas l'original du testament aux bénéficiaires de votre vivant. En cas de brouille, ils pourraient l'utiliser à mauvais escient ou le détruire.

Pour aller plus loin

Le droit successoral marocain est d'ordre public : même si vous résidez en France depuis 30 ans, vos biens situés au Maroc seront partagés selon la loi marocaine (règles de fara'id) au décès. Le Règlement européen sur les successions (Bruxelles IV, 2015) permet aux ressortissants d'un État tiers de choisir la loi de leur nationalité — un MRE de nationalité marocaine peut donc choisir la loi marocaine pour l'ensemble de sa succession, y compris les biens en France, via une déclaration de choix de loi. Ce choix, combiné à une wasiyya bien rédigée, offre une planification successorale cohérente. Attention toutefois : si votre conjoint est de nationalité française, la réserve héréditaire française pourrait primer pour les biens situés en France.

❌ Erreurs fréquentes à éviter

  • Léguer plus d'1/3 de ses biens à des non-héritiers légaux : cette partie du testament sera annulée par le tribunal marocain.
  • Tenter de déshériter un enfant ou un héritier réservataire : impossible sans l'accord des autres héritiers selon la loi marocaine.
  • Ne rédiger qu'un testament olographe français pour ses biens marocains sans acte notarié marocain, rendant la procédure de succession très complexe.
  • Ne pas mettre à jour le testament après l'achat ou la vente d'un bien au Maroc, créant des incohérences dans la succession.
  • Oublier de désigner un bénéficiaire pour les comptes bancaires marocains : les liquidités non mentionnées seront partagées selon les règles de fara'id.

🔗 Liens et ressources officielles

❓ Questions fréquentes

Puis-je léguer mes biens marocains à qui je veux par testament ?

Non, pas entièrement. La loi marocaine (Moudawana) impose les règles islamiques de l'héritage (fara'id) pour les 2/3 du patrimoine, qui doivent obligatoirement aller aux héritiers légaux selon leur rang. Seul 1/3 maximum peut être légué librement par testament (wasiyya) à des non-héritiers légaux. Vous ne pouvez pas déshériter un enfant ou modifier la part des héritiers réservataires sans leur accord.

Mon testament français est-il valable pour mes biens au Maroc ?

Un testament rédigé en France (olographe ou notarié) peut en principe s'appliquer aux biens au Maroc, mais sa mise en oeuvre est complexe. Les héritiers devront faire reconnaître ce testament par un tribunal marocain, ce qui prend du temps et coûte cher. Il est fortement recommandé de rédiger un acte de testament notarié marocain en parallèle, qui sera directement opposable aux tribunaux marocains sans procédure de reconnaissance.

Que signifie la règle du 1/3 dans la wasiyya ?

La règle du 1/3 (thuluth) est un principe fondamental du droit successoral islamique appliqué au Maroc. Elle stipule qu'un testament ne peut léguer qu'au maximum 1/3 de la valeur totale du patrimoine à des personnes extérieures aux héritiers légaux. Ce tiers peut aller à une oeuvre caritative, un ami, votre conjoint étranger, ou toute autre personne de votre choix. Les 2/3 restants sont automatiquement distribués selon les règles du fara'id, quelles que soient vos dispositions testamentaires.

Mon conjoint étranger peut-il hériter de mes biens marocains ?

En droit marocain, un conjoint non-musulman n'hérite pas selon les règles classiques du fara'id. Cependant, vous pouvez lui léguer jusqu'à 1/3 de vos biens marocains via une wasiyya. Pour les 2/3 restants, ils iront aux héritiers légaux musulmans. Si votre conjoint est non-musulman, il est donc crucial de rédiger une wasiyya expressément en sa faveur pour lui assurer une part, dans la limite du tiers autorisé.

Comment déshériter un enfant au Maroc (est-ce possible) ?

Non, il est pratiquement impossible de déshériter un enfant en droit marocain. Les enfants font partie des héritiers réservataires dont la part est garantie par la loi islamique. Un fils hérite d'une part double par rapport à une fille. La seule façon de modifier la répartition entre héritiers est d'obtenir leur accord unanime de leur vivant, via un acte notarié. Toute clause testamentaire excluant un héritier réservataire sera annulée par le tribunal.

Un testament marocain doit-il être enregistré quelque part ?

Le testament notarié marocain est automatiquement enregistré dans les registres du notaire qui le rédige. Il n'existe pas de registre national des testaments au Maroc comme le FCDDV en France. Pour faciliter sa découverte, remettez une copie à un membre de la famille de confiance et indiquez son existence dans un courrier scellé remis à votre avocat ou notaire. En France, vous pouvez parallèlement enregistrer une mention au FCDDV (Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés) pour 27 EUR.

Que se passe-t-il si je n'ai pas fait de testament pour mes biens marocains ?

En l'absence de testament, tous vos biens marocains seront partagés exclusivement selon les règles islamiques du fara'id, sans possibilité de déroger à la répartition légale. Votre conjoint étranger non-musulman ne recevra rien (sauf s'il est marocain ou musulman). Votre concubin(e) ne recevra rien. Vos amis ou associations que vous souhaitiez avantager ne recevront rien. La wasiyya est donc le seul outil pour personnaliser, même partiellement, le partage de votre succession marocaine.

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