Air Algérie s’installe à Brazzaville pendant la pause de la RAM : ce que le Maroc risque en Afrique centrale
Depuis le 24 mai, la RAM a suspendu quatre lignes d’Afrique centrale encore fermées, dont Brazzaville. Air Algérie y arrive le 26 octobre. Le Maroc garde une avance nette sur le continent, mais une absence qui dure peut coûter cher auprès de pays amis.
En bref
- •Depuis le 24 mai 2026, la Royal Air Maroc a suspendu six lignes d’Afrique centrale à cause de la flambée du kérosène. Libreville et Bangui ont repris fin juillet. Brazzaville, Kinshasa, Douala et Yaoundé restaient fermées.
- •Air Algérie ouvre Alger-Brazzaville le 26 octobre (trois vols par semaine) et Alger-Conakry le 25 octobre.
- •Le Maroc garde une avance nette en Afrique, mais la durée de l’absence est le vrai enjeu : un voyageur qui change d’habitude ne revient pas tout seul.
Les faits
Côté RAM. La compagnie a suspendu le 24 mai ses vols vers Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé et Libreville, pour une raison de coût : le prix du kérosène. Libreville et Bangui ont rouvert fin juillet. Pour les quatre autres villes, la reprise a été repoussée à septembre au plus tôt. Au Congo, le ministre des Transports a reçu le nouveau directeur de la RAM le 8 septembre à Brazzaville ; à cette date, aucune reprise n’était encore datée pour Brazzaville et Pointe-Noire. La RAM avait par ailleurs annoncé une ligne directe Casablanca-Pointe-Noire pour la fin de 2026.
Côté Air Algérie. La compagnie dessert déjà une quinzaine de villes africaines, dont Dakar, Abidjan, Bamako, Niamey et Nouakchott. Elle annonce Brazzaville le 26 octobre et Conakry le 25 octobre, trois fois par semaine, puis Lagos, Accra et Maputo, sans date pour l’instant. Elle n’a pas été touchée par la hausse du kérosène : l’Algérie produit son propre carburant.
| Ville | Royal Air Maroc | Air Algérie |
|---|---|---|
| Brazzaville | suspendue depuis le 24 mai, reprise non datée | ouverture le 26 octobre |
| Kinshasa | suspendue | non desservie |
| Douala, Yaoundé | suspendues | non desservies |
| Libreville, Bangui | reprises fin juillet | non desservies |
| Conakry | desservie | ouverture le 25 octobre |
Pourquoi c’est plus qu’une affaire de billets
En Afrique, une ligne aérienne relie des capitales, des hommes d’affaires, des étudiants et des diplomates. Le Maroc a fait de Casablanca le carrefour entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Europe, et ce réseau accompagne sa présence sur le continent.
Les pays concernés ne sont pas n’importe lesquels. Le Gabon et la Centrafrique ont ouvert un consulat à Laâyoune dès janvier 2020, la Guinée aussi. Quand la ligne vers un pays ami s’interrompt au moment où un autre pavillon vient s’y installer, la place laissée vide se voit.
Aucune source ne dit qu’Air Algérie cherche à concurrencer le Maroc. Mais une compagnie nationale qui s’implante dans des capitales proches du Maroc sert aussi, qu’elle le veuille ou non, la présence de son pays.
Le Maroc perd-il du terrain ?
Pas sur le fond. La relation du Maroc avec ces pays repose sur bien plus qu’un vol : banques marocaines installées sur le continent, engrais, investissements, formation de milliers d’étudiants africains au Maroc, projet de gazoduc Nigeria-Maroc. Le réseau africain de la RAM reste aussi plus de deux fois plus dense que celui d’Air Algérie. Et la suspension tient au coût du carburant, pas à un retrait : elle a déjà été levée à Libreville et Bangui.
Le risque est ailleurs, et il est réel :
- •La durée. Les voyageurs et les transitaires qui passent par Alger pendant plusieurs mois prennent de nouvelles habitudes. Plus la reprise tarde, plus il faudra d’efforts pour les faire revenir.
- •L’image. Dans ces pays, on retient qui est resté et qui est parti. Arriver pendant une absence donne un argument à celui qui arrive.
- •Le Nigeria. Fin juillet, un responsable du régulateur nigérian de l’aviation civile a cité Air Algérie comme alternative à la RAM, sur fond de reproches sur la qualité de service. C’est le signal à prendre le plus au sérieux, et il se corrige par le service, pas par la concurrence.
Ce qui rétablirait l’avance
- •Une reprise rapide et datée de Brazzaville, Kinshasa, Douala et Yaoundé.
- •L’ouverture annoncée de Casablanca-Pointe-Noire en direct, qui relierait le cœur économique du Congo sans détour.
- •Une qualité de service irréprochable sur les marchés sensibles comme le Nigeria.
Le Maroc part avec une longueur d’avance en Afrique. L’enjeu des prochains mois est de ne pas laisser une pause devenir une habitude.
Pour les voyageurs
Si vous voyagez entre l’Europe, le Maroc et l’Afrique centrale, vérifiez la date de reprise de votre ligne directement auprès de la compagnie avant de réserver : les calendriers ont changé plusieurs fois depuis mai. Vos droits en cas de vol annulé sont détaillés dans notre article RAM suspend 12 lignes : que faire si votre vol est touché. Pour la place de la RAM face aux compagnies à bas prix, voir notre enquête.
Sources
- •Reprise partielle des lignes d’Afrique centrale (Le360, 31 juillet 2026) ; prolongation des suspensions (Bladi ; AeroRoutes, 30 juillet 2026).
- •Retour de la RAM au Congo (Journal de Brazza, 10 septembre 2026) ; projet Casablanca-Pointe-Noire (Travel and Tour World, 12 mai 2026).
- •Nouvelles lignes d’Air Algérie (ObservAlgérie, 22 août 2026 ; Visa-Algérie, 30 juillet 2026).
- •Consulats africains à Laâyoune (Telquel, 28 février 2020 ; Hespress).
- •Photo de couverture : Fawaz.tairou, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons. Carte : Natural Earth.
Articles similaires
Guides pratiques associes
Vous êtes MRE ?
Rejoignez la plateforme et accédez aux professionnels vérifiés au Maroc. Gratuit.
Vous avez un projet au Maroc ?
Trouvez un expert vérifié par LesMRE pour vous accompagner dans vos démarches.
Trouver un expert →


