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Convention fiscale Maroc-Émirats Arabes Unis : ce que les MRE de Dubai doivent savoir en 2026

·8 min de lecture·Source : LesMRE
Convention fiscale Maroc-Émirats Arabes Unis : ce que les MRE de Dubai doivent savoir en 2026
© LesMRE

Signée le 24 avril 1999 et toujours en vigueur en 2026, la convention de non-double imposition Maroc-EAU encadre la fiscalité des MRE installés à Dubai, Abu Dhabi ou Sharjah. Dividendes 5 ou 10 %, intérêts et redevances 10 %, salaires imposés au pays d'exercice : décryptage clair des règles et des cas concrets pour ceux qui envisagent un retour ou une double activité.

Signée le 24 avril 1999 et toujours en vigueur en 2026, la convention de non-double imposition Maroc-EAU encadre la fiscalité des MRE installés à Dubai, Abu Dhabi ou Sharjah. Dividendes, salaires, intérêts, redevances : décryptage des règles et cas concrets.

Pourquoi cette convention est devenue centrale en 2026

Les MRE installés aux Émirats arabes unis sont environ 75 000 à 90 000 selon les estimations consulaires, concentrés à Dubai, Abu Dhabi et Sharjah. Avec la guerre US-Iran déclenchée le 28 février 2026 et la dégradation économique du Golfe (Bourse de Dubai −16 %, Jebel Ali à l'arrêt, $120 milliards de capitalisation effacés), beaucoup envisagent un retour ou une réorganisation patrimoniale. La question fiscale devient alors structurante : qui impose quoi, à quel taux, et comment éviter de payer deux fois ?

La convention bilatérale Maroc-EAU, signée à Abu Dhabi le 24 avril 1999 et entrée en vigueur en 2000, est le texte de référence. Elle reste applicable en 2026 sans modification majeure, et fixe des règles précises pour neuf catégories de revenus.

Les principales règles à connaître

Résidence fiscale

La résidence fiscale est déterminée selon des critères en cascade : foyer permanent d'habitation, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Un MRE qui réside effectivement à Dubai plus de 183 jours par an est en principe résident fiscal des EAU. Les EAU n'appliquent pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques, mais ce statut détermine quel pays a le droit primaire d'imposer.

Dividendes (article 10)

Le pays source applique une retenue à la source plafonnée par la convention :

  • 5 % si le bénéficiaire effectif est une société qui détient directement au moins 10 % du capital de la société distributrice
  • 10 % dans tous les autres cas

Un MRE résident fiscal des EAU qui perçoit des dividendes d'une société marocaine subit donc une retenue à la source de 10 % au Maroc (au lieu du taux interne de 15 %). À l'inverse, les dividendes d'une société émirienne perçus par un résident marocain sont imposables au Maroc, avec crédit d'impôt pour la retenue éventuelle aux EAU.

Intérêts (article 11)

Le taux conventionnel maximum est de 10 % appliqué dans le pays source. Pertinent pour les MRE qui placent dans des obligations marocaines ou émiriennes.

Redevances (article 12)

Le taux conventionnel maximum est également de 10 %. Concerne notamment les royalties de propriété intellectuelle, les licences logicielles ou les marques exploitées d'un pays vers l'autre.

Salaires (article 15)

Règle générale : les salaires sont imposables dans le pays où le travail est physiquement effectué. Un MRE salarié qui travaille effectivement à Dubai est imposé aux EAU (donc à 0 % d'IR sur revenu personnel). Sauf cas spécifiques :

  • Mission de courte durée (< 183 jours sur 12 mois) avec employeur du pays d'origine
  • Établissement stable de l'employeur dans le pays d'accueil

Plus-values immobilières (article 13)

Les plus-values sur biens immobiliers sont imposables dans le pays où le bien est situé. Un MRE résident à Dubai qui vend un appartement à Casablanca subit donc la fiscalité marocaine sur la plus-value (TPI à 20 % en LF 2026, exonérations selon durée de détention).

Élimination de la double imposition (article 23)

La convention prévoit deux méthodes alternatives :

  • Méthode du crédit d'impôt : le revenu est imposé dans les deux pays, mais l'impôt déjà payé dans le pays source est imputé sur l'impôt dû dans le pays de résidence
  • Méthode de l'exemption avec progressivité : le revenu n'est pas réimposé dans le pays de résidence, mais entre dans l'assiette pour le calcul du taux applicable aux autres revenus

En pratique, le Maroc applique majoritairement la méthode du crédit d'impôt pour ses résidents.

Article spécifique sur les prix de transfert

La convention prévoit qu'en cas d'ajustement de prix de transfert par une administration fiscale (par exemple le fisc marocain qui requalifie une transaction intra-groupe), l'autre administration doit chercher une « solution adéquate » pour éviter une double imposition économique. C'est un mécanisme protecteur pour les holdings et groupes structurés à cheval entre Maroc et EAU.

Trois cas concrets de MRE

Cas 1 — Salarié à Dubai depuis 5 ans

Profil : Karim, ingénieur informatique chez un groupe émirien, réside à Dubai. Salaire 35 000 AED/mois, pas de revenus marocains.

Fiscalité : 0 % d'IR aux EAU (régime national), 0 % au Maroc (non-résident, pas de revenu marocain). Convention sans impact direct.

Si retour au Maroc : devient résident fiscal marocain dès installation effective (+ centre vital). Salaire futur soumis à l'IR marocain barème classique. Si embauché par société CFC, peut bénéficier de l'IR 20 % libératoire pendant 10 ans (réforme LF 2026 = 10 ans non-consécutifs). À négocier avec employeur marocain dès l'entretien d'embauche.

Cas 2 — Entrepreneur Dubai avec dividendes Maroc

Profil : Salima, dirigeante d'une société de conseil à DIFC, perçoit également des dividendes d'une SARL marocaine dont elle détient 100 %. Résidente fiscale des EAU.

Fiscalité dividendes Maroc : retenue à la source au Maroc plafonnée à 10 % par la convention (au lieu de 15 % en interne, ou 5 % si elle structurait via une société émirienne détenant ≥ 10 % du capital). Les dividendes nets sont rapatriés à Dubai sans imposition supplémentaire.

Optimisation possible : intercaler une société émirienne entre Salima et la SARL marocaine fait passer la retenue à 5 %, soit 5 points de gain fiscal. Coût de structuration à arbitrer (entre 30 000 et 80 000 AED de frais initiaux selon free zone).

Cas 3 — Holding patrimoniale Casablanca détenant filiale Dubai

Profil : Youssef, MRE résidant en France mais ayant créé une holding à Casablanca qui détient 100 % d'une filiale opérationnelle à JAFZA Dubai.

Remontée des dividendes : la filiale Dubai verse à la holding Casa. Convention applicable : retenue à la source aux EAU plafonnée à 5 % (détention > 10 %). Au Maroc, ces dividendes peuvent bénéficier de l'exonération mère-fille sous conditions de détention de 12 mois minimum.

Si holding sous statut CFC : exonération supplémentaire de la retenue à la source côté Maroc lors de la redistribution aux actionnaires non-résidents.

Les pièges à éviter

  1. Confondre "non-imposition aux EAU" et "exonération conventionnelle". Les EAU n'imposant pas l'IR personnel (jusqu'ici), beaucoup de MRE croient que la convention est sans effet. Faux : la convention reste applicable pour les flux Maroc → EAU et conditionne les retenues à la source côté Maroc.

  2. Ne pas formaliser sa résidence fiscale. Un MRE qui passe 7 mois à Dubai et 5 mois à Casablanca peut être qualifié résident des deux pays par chacune des administrations. La convention prévoit des règles de "tie-breaker" mais leur application demande des justificatifs (factures électricité, scolarisation enfants, comptes bancaires principaux) à conserver pendant 6 ans.

  3. Négliger l'impact de l'IS UAE 9 %. Depuis juin 2023, les EAU ont introduit un impôt sur les bénéfices des sociétés à 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfices. Cela change la donne pour les holdings MRE : la fiscalité combinée UAE + retenue Maroc + reformule certaines structurations qui dataient d'avant 2023.

  4. Oublier la déclaration française pour les MRE résidents en France. Un MRE qui rentre en France après son séjour à Dubai conserve l'obligation déclarative française pour les revenus perçus à l'étranger. La convention France-EAU et la convention Maroc-France interagissent, ce qui crée des situations triangulaires complexes que seul un fiscaliste agréé peut démêler.

Que faire concrètement en 2026

Pour un MRE installé aux EAU qui envisage un retour ou une réorganisation :

  1. Consulter un fiscaliste marocain inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables (oec.ma) ET un cabinet basé aux EAU pour cartographier les flux Maroc / EAU / pays tiers (France, Belgique, Pays-Bas selon le passeport)
  2. Conserver la documentation fiscale des EAU (résidence émise par la FTA, contrats de travail, attestations bancaires) avant tout retour
  3. Anticiper la bascule : 6 à 12 mois de transition sont nécessaires pour optimiser la sortie sans pénalité
  4. Évaluer le statut CFC si vous prévoyez une activité internationale au Maroc post-retour (guide CFC dédié)
  5. Cadrer avec votre employeur si vous êtes salarié : un transfert intra-groupe Dubai → Casablanca doit s'accompagner d'un avenant clair sur la résidence fiscale et le paiement du salaire

La convention Maroc-EAU n'est pas magique. Elle évite la double imposition mais ne crée aucun avantage fiscal supplémentaire. Pour bénéficier réellement du Maroc en 2026, c'est la combinaison convention + statut CFC + Charte d'Investissement qui fait la différence. Voir aussi : Délocaliser sa société du Golfe au Maroc en 2026.

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