Un MRE qui perçoit un salaire d'un employeur marocain est soumis à l'impôt sur le revenu (IR) marocain par retenue à la source, même s'il réside à l'étranger. Le code général des impôts marocain (CGI) impose les revenus de source marocaine, quelle que soit la résidence du bénéficiaire. Ce guide vous explique les taux en vigueur en 2026, le mécanisme de la retenue à la source, les avantages du taux libératoire de 20%, et comment optimiser votre situation grâce aux conventions fiscales bilatérales.
Coûts et frais
| IR marocain sur salaires (taux progressif) | 0% à 38% | Selon tranches 2026 du CGI marocain |
| Taux libératoire non-résidents (option) | 20% | Sur revenus > 120 000 DH/an depuis LF2025 |
| Certificat de résidence fiscale | Gratuit | Délivré par l'administration fiscale du pays d'accueil |
| Comptable/fiscaliste bi-national | 300–1 500 €/an | Pour optimisation et conformité dans les deux pays |
Délais à prévoir
Déterminer son statut fiscal au Maroc (résident ou non-résident)
Vous êtes résident fiscal marocain si vous avez au Maroc votre domicile fiscal habituel, si vous y séjournez plus de 183 jours par an, ou si vous y avez le centre de vos intérêts économiques. Si vous résidez principalement à l'étranger et n'avez pas de domicile permanent au Maroc, vous êtes non-résident fiscal marocain. Ce statut est crucial : les non-résidents ne sont imposables au Maroc que sur leurs revenus de source marocaine (principe de territorialité), tandis que les résidents sont imposables sur leurs revenus mondiaux. Le statut de non-résident peut donner accès au taux libératoire de 20% introduit par la LF2025.
💡 Conseil — Demandez un certificat de résidence fiscale dans votre pays d'accueil : il est la preuve officielle de votre statut de non-résident marocain.
⚠️ Attention — Si vous conservez une résidence permanente au Maroc (maison familiale, appartement), vous pouvez être considéré comme résident fiscal marocain même en séjournant principalement à l'étranger.
Identifier les revenus de source marocaine soumis à retenue
Les revenus de source marocaine soumis à la retenue à la source comprennent : salaires versés par un employeur marocain (entreprise ou particulier établi au Maroc), dividendes distribués par des sociétés marocaines (retenue 15%, ou 7,5% si réinvestissement), intérêts sur comptes bancaires marocains (retenue 30% pour non-résidents depuis LF2023), revenus de placements collectifs marocains (OPCVM), honoraires versés par des clients marocains à des prestataires non-résidents (retenue 10%). Les loyers sur biens immobiliers au Maroc ne sont pas soumis à retenue à la source mais à l'IR par voie de déclaration annuelle.
💡 Conseil — Votre bulletin de salaire marocain doit mentionner l'IR retenu chaque mois. Vérifiez que le calcul correspond aux tranches officielles.
Vérifier si une convention fiscale bilatérale s'applique
Si votre pays de résidence a signé une convention fiscale avec le Maroc (France, Espagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Allemagne, UK, etc.), cette convention peut modifier les règles d'imposition de vos revenus marocains. Par exemple, la convention France-Maroc prévoit que les salaires sont imposables dans le pays d'emploi (le Maroc si votre employeur est au Maroc), mais la France peut aussi les imposer avec crédit d'impôt. L'existence d'une convention ne supprime pas automatiquement l'imposition marocaine, mais régule la répartition des droits entre les deux États et évite la double imposition effective.
💡 Conseil — Consultez la liste des conventions fiscales du Maroc sur tax.gov.ma pour vérifier si votre pays de résidence a signé un accord avec le Maroc.
⚠️ Attention — Si vous résidez au Canada ou dans un pays sans convention avec le Maroc, vous risquez une double imposition sans mécanisme de compensation intégré.
Obtenir un certificat de résidence fiscale dans le pays d'accueil
Le certificat de résidence fiscale est un document officiel émis par l'administration fiscale de votre pays d'accueil attestant que vous y êtes résident fiscal. Ce document est indispensable pour : bénéficier des avantages des conventions fiscales bilatérales, justifier votre statut de non-résident auprès de la DGI marocaine et de votre employeur, demander un remboursement d'impôt marocain si des retenues excessives ont été prélevées. Pour l'obtenir : en France, demandez-le à votre centre des impôts via le formulaire cerfa 5000 ou 5001. En Belgique, via SPF Finances. En Allemagne, auprès de votre Finanzamt.
💡 Conseil — Ce certificat doit généralement être renouvelé chaque année. Certains pays le délivrent avec une validité d'un an.
⚠️ Attention — Le certificat de résidence fiscale et le certificat de résidence administrative (titre de séjour, permis de résidence) sont deux documents différents. Seul le fiscal est pertinent pour les questions d'impôts.
Soumettre le certificat à l'employeur ou à la DGI pour ajuster le taux
Une fois obtenu, soumettez votre certificat de résidence fiscale à votre employeur marocain pour qu'il applique le bon taux de retenue à la source. Si votre pays de résidence a une convention avec le Maroc qui réduit le taux applicable, votre employeur peut ajuster ses retenues. Vous pouvez également soumettre ce certificat directement à la DGI marocaine (service des conventions fiscales) pour demander un remboursement des retenues excessives des années précédentes. Depuis 2025, la DGI a simplifié la procédure de remboursement des retenues excessives pour les non-résidents via son portail en ligne tax.gov.ma.
💡 Conseil — Soumettez votre certificat de résidence fiscale en début d'année à votre employeur marocain pour que les ajustements s'appliquent dès janvier.
Pour aller plus loin
La Loi de Finances 2025 a introduit un taux libératoire de 20% pour les non-résidents percevant des revenus de source marocaine supérieurs à 120 000 DH par an. Ce taux optionnel (sur option du contribuable) peut être avantageux pour les MRE dont les revenus marocains sont dans les tranches les plus élevées du barème progressif (34% à 38%). Cependant, il faut analyser le cas par cas : si votre revenu marocain est inférieur à 120 000 DH/an, le taux progressif peut être plus favorable. La LF2025 a également renforcé les obligations déclaratives des employeurs marocains vis-à-vis des salariés non-résidents. Les règles de territorialité du CGI marocain (article 23) définissent précisément ce qu'est un revenu de source marocaine : un salaire est de source marocaine s'il est payé par un employeur établi au Maroc, quelle que soit la localisation physique du travail (ce qui peut créer des situations complexes pour le télétravail international). Depuis l'entrée en vigueur du Common Reporting Standard (CRS) en 2019, la DGI marocaine reçoit automatiquement des informations sur les comptes bancaires des résidents marocains à l'étranger, renforçant la transparence fiscale bilatérale.
❌ Erreurs fréquentes à éviter
- ✕Croire que travailler pour une société marocaine depuis l'étranger exonère de l'IR marocain
- ✕Ne pas soumettre son certificat de résidence fiscale à son employeur marocain et subir une surretenue
- ✕Confondre le taux libératoire de 20% (option avantageuse au-delà de 120k DH) avec le taux standard
- ✕Oublier de déclarer les dividendes et intérêts marocains dans le pays de résidence (risque de double imposition non traitée)
🔗 Liens et ressources officielles
DGI Maroc - Portail fiscal
Déclarations, paiements et textes fiscaux marocains
DGI - Conventions fiscales Maroc
Liste de toutes les conventions fiscales signées par le Maroc
DGI - Code Général des Impôts 2026
Texte du CGI marocain avec les taux IR 2026
Service des impôts France - Certificat de résidence
Pour obtenir votre certificat de résidence fiscale en France
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