La mission de paz de l'ONU au Sahara cesse ses opérations
Le mandat de la MINURSO n'a pas été renouvelé, selon France 24, à cause d'un veto russe. L'ONU a confirmé le début de la liquidation de la mission, tandis qu'El País redoute une escalade entre le Maroc et le Polisario, sans observateurs sur le terrain.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Naser Burita, a déclaré sur la télévision publique 2M que son pays « assumera sa responsabilité, coopérera et fournira le temps, les moyens et la logistique nécessaires » pour que le retrait de la MINURSO « soit exemplaire ». RTVE rapporte ces propos dans sa dépêche du 1er novembre.
Le même jour, dimanche 1er novembre, l'ONU a confirmé « le début de la période de liquidation » de la mission, selon France 24. Le Conseil de sécurité n'avait pas renouvelé son mandat, « à la surprise générale ».
Un vote, deux versions
Selon France 24, le mandat n'a pas été renouvelé vendredi parce que la Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain. Ce texte, soutenu par onze membres sur quinze, prolongeait la mission d'un an et plaçait le plan d'autonomie marocain au centre du règlement du conflit. Celui-ci oppose depuis 50 ans Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.
Moscou a justifié son geste par une « approche unilatérale » et proposé de reconduire le mandat dans les mêmes termes. France 24 ajoute que les États-Unis ont voté contre le texte russe et que les pays favorables à la résolution américaine se sont abstenus. El País décrit la séquence autrement, en parlant d'un « veto croisé ». Les deux récits divergent sur ce point.
Le mandat expirait à la fin de la journée de samedi. Créée en 1991, la MINURSO comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, selon son site internet, cité par France 24.
Ce que disent l'ONU et les autres acteurs
La Nouvelle Tribune relaie le communiqué de Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général. Une équipe réduite, rattachée au Département de l'appui opérationnel, supervisera « le transfert ordonné vers leurs pays respectifs des biens appartenant aux pays fournisseurs de contingents, ainsi que la cession ou l'élimination appropriée du matériel appartenant à l'Organisation des Nations unies ». Le communiqué précise que l'ONU reste prête à soutenir le dialogue par l'intermédiaire de l'Envoyé personnel, Staffan de Mistura.
Selon RTVE, Antonio Guterres a exhorté tous les acteurs concernés à faire preuve de « la plus grande modération » et à « s'abstenir d'adopter des mesures susceptibles d'aggraver les tensions ou de saper la stabilité régionale ».
Reste la question de l'observation sur le terrain. El País cite un haut fonctionnaire de l'ONU : « C'est une situation de conflit de basse intensité, avec des incidents sur le mur et des attaques de drones après l'effondrement du cessez-le-feu en 2020. Nous seuls pouvons voir ce qui se passe. » Pour le quotidien espagnol, le départ des observateurs « menace de faire monter l'escalade guerrière » entre le Maroc, qui contrôle 80 % du territoire, et le Polisario. Le cessez-le-feu signé il y a 35 ans a volé en éclats en 2020.
Le délégué du Polisario auprès de l'ONU, Sidi Mohamed Omar, a affirmé que le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est « une ligne rouge qui ne se négocie pas », rapporte El País.
La position de Rabat et le précédent géorgien
Le communiqué du Palais royal, cité par El País, déclare : « Une page de 35 ans se ferme ainsi. Héritée d'un contexte anachronique et dépassé, cette mission a constitué pendant longtemps un instrument d'internationalisation d'un différend régional. » Rabat y réaffirme son engagement envers le cessez-le-feu.
Toujours selon El País, le Maroc insiste pour que la question du Sahara sorte de l'agenda du Conseil de sécurité et d'autres organes des Nations unies, et pour que le contentieux soit renvoyé à des accords bilatéraux et régionaux.
Le quotidien relève aussi la lecture de médias marocains, sans les nommer. Ceux-ci estiment que le départ de la MINURSO doit s'achever en un mois maximum. Ils invoquent le précédent de la mission d'observateurs de l'ONU en Géorgie, éteinte elle aussi par un veto russe en 2009 au Conseil de sécurité.
Guterres a par ailleurs rendu hommage aux 20 membres de la mission morts en 35 ans d'activité.
Sources
- •France 24 (france24.com), 1 novembre 2026
- •lnt.ma (lnt.ma), 1 novembre 2026
- •RTVE (rtve.es), 1 novembre 2026
- •El País (elpais.com), 1 novembre 2026
Articles similaires
Guides pratiques associes
Vous êtes MRE ?
Rejoignez la plateforme et accédez aux professionnels vérifiés au Maroc. Gratuit.
Vous avez un projet au Maroc ?
Trouvez un expert vérifié par LesMRE pour vous accompagner dans vos démarches.
Trouver un expert →


