Congestion portuaire. Habib Hjiaj : “Le port est un lieu de transit, pas de stockage”
La congestion portuaire génère 100 millions $ de surestaries en cinq mois 2026, l'attente passant de 12 à 25 jours. Cause: stockage prolongé au port au lieu de transit. La réglementation ANP oblige les opérateurs à investir dans le stockage et l'évacuation pour réduire la facture en devises.
La congestion portuaire pèse sur la facture céréalière
La congestion des ports pèse lourdement sur la filière céréalière et l’alimentation animale. Les surestaries auraient atteint près de 100 millions de dollars sur les cinq premiers mois de 2026. Le temps moyen d’attente des navires serait passé de 12 jours en 2024 à 25 jours en 2026.
Le principal goulot d’étranglement ne se situe pas au niveau des quais. La congestion résulte d’abord de certaines pratiques. Des opérateurs, pas tous, continuent d’utiliser les installations portuaires comme des espaces de stockage, alors qu’un port est avant tout un lieu de transit. Lorsqu’une cargaison reste immobilisée au port, elle occupe la place de la suivante. Le terminal se remplit, le navire suivant ne peut plus décharger et les files d’attente s’allongent, au détriment de tous les opérateurs, y compris les mieux organisés.
La chaîne de valeur repose sur trois catégories de stockage, chacune répondant à une fonction et à un horizon différent. Il y a d’abord le stock de transit portuaire. La marchandise ne devrait pas y séjourner plus de 15 à 20 jours. Vient ensuite le stock outil des industriels, destiné à garantir la disponibilité des matières premières nécessaires à leur activité. Il couvre généralement entre 45 et 90 jours de production. Enfin, le stock stratégique relève de la politique de l’État. L’engorgement apparaît précisément lorsque le stockage de transit est utilisé pour remplir les fonctions du stockage industriel ou stratégique.
Les surestaries entrent dans le prix de revient des marchandises, au même titre que le fret. Elles finissent donc par se retrouver dans les prix payés par les éleveurs, puis par les consommateurs. L’attente des navires contribue ainsi à alimenter l’inflation alimentaire. Il n’existe toutefois, à ce jour, aucun chiffre officiel consolidé permettant de mesurer précisément cet impact à l’échelle de la filière.
La nouvelle réglementation de l’ANP devrait changer la donne. Les opérateurs concernés devront investir dans leurs capacités de stockage et leurs moyens d’évacuation. Le développement de capacités de stockage intermédiaires à l’intérieur du pays est nécessaire pour réduire durablement la facture en devises. Chaque dirham investi dans le stockage et la logistique permet de réduire durablement une facture réglée en devises, tout en maintenant cette valeur dans l’économie nationale.
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