Gaz à 16 dirhams : ménages et transporteurs touchés
Depuis le 1er octobre, le gasoil à 16 dirhams le litre dépasse le prix de l'essence. Les ménages et transporteurs touristiques subissent une hausse alourdissant leur budget. L'aide publique reconduite est jugée dérisoire et certains travaillent à perte, risquant l'arrêt si le litre atteint 18 dirhams.
Gasoil à 16 dirhams : le coup dur pour les ménages et le transport touristique
Depuis le 1er octobre, le gasoil a franchi la barre des 16 dirhams le litre, dépassant désormais le prix de l’essence. Cette hausse alourdit directement le budget des ménages et frappe de plein fouet les transporteurs touristiques, même si un soutien public a été reconduit par la tutelle.
À ce niveau de prix, les entreprises du secteur travaillent déjà à perte. Les professionnels le disent sans détour : si le litre atteint 18 dirhams, beaucoup n’auront d’autre choix que de poser les clés. Les agences ne dégagent plus aucun bénéfice, elles cherchent simplement à rester en vie. La trésorerie se tend et les échéances s’accumulent, coincées entre des contrats signés un an à l’avance à prix fixes, que les voyagistes refusent de réviser, et des charges qui s’additionnent : carburant, autoroute, traites des véhicules, cotisations sociales et assurance.
L’aide publique reconduite est jugée dérisoire. Pour nombre d’adhérents, elle représente environ 1 000 dirhams par mois, versés par quinzaine, alors qu’un seul plein peut dépasser ce montant. Près de 10 % des entreprises n’en bénéficient d’ailleurs pas du tout. Les transporteurs touristiques perçoivent souvent la moitié de ce que touchent les taxis, au motif que ces derniers rendraient un service au citoyen. Or, à Marrakech, les petits taxis stationnent toute la journée devant les hôtels et grignotent la part de marché des professionnels organisés.
En ville, l’activité a pratiquement cessé. La clientèle s’est tournée vers les applications de transport qui opèrent sans organisation, ni contrôle, ni normes de véhicules, livrant une concurrence déloyale. Si le statu quo se prolonge, les jeunes investisseurs et les Marocains du monde qui ont placé leur épargne dans ce secteur perdront confiance, tandis que d’autres opérateurs seront poussés malgré eux vers l’informel.
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