Loi de finances 2027 : le Maroc engage une réforme fiscale majeure et renforce ses ambitions d’investissement.
Le projet de loi de finances 2027, présenté au Parlement le 23 octobre 2026 par le ministre Fouzi Lekjaa, allège l'impôt sur le revenu par paliers. Le seuil d'exonération passerait de 40 000 à 60 000 dirhams dès 2027, avec un taux marginal de 30 % visé en 2031.
Loi de finances 2027 : l'impôt sur le revenu allégé par paliers, l'investissement en hausse
Le projet de loi de finances 2027 a été présenté devant le Parlement le vendredi 23 octobre 2026 par le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa. Il prévoit 482,42 milliards de dirhams de recettes ordinaires et la création de 34 454 postes budgétaires. Le ministre table sur une croissance de 3,7 % en 2027.
Le volet fiscal est le plus marquant. Dès 2027, le seuil annuel d'exonération de l'impôt sur le revenu passerait de 40 000 à 60 000 dirhams de revenu net imposable. Le barème transitoire fixe ensuite 10 % entre 60 001 et 80 000 dirhams, 20 % entre 80 001 et 100 000 dirhams, puis des taux marginaux de 34 % et 37 % pour les tranches supérieures. Cette trajectoire s'étale jusqu'en 2030 et doit mener à un taux marginal maximal de 30 % à l'horizon 2031. Le texte porte aussi la déduction forfaitaire pour frais professionnels à 45 %, dans la limite de 35 000 dirhams par an.
Côté entreprises, un taux d'impôt sur les sociétés de 40 % est prévu pour les importateurs et distributeurs d'hydrocarbures dont le bénéfice net atteint ou dépasse 100 millions de dirhams.
L'investissement reste un pilier du texte. Les crédits de paiement du budget général atteignent 138,03 milliards de dirhams, auxquels s'ajoutent des crédits d'engagement pour financer des opérations pluriannuelles. Le projet autorise toutefois la mise en réserve de 15 % de ces crédits de paiement d'investissement, une disposition qui traduit la volonté de garder des marges de gestion dans un contexte de contraintes financières. Le besoin brut de financement de l'État avoisine 159 milliards de dirhams, en tenant compte notamment des remboursements du principal de la dette.
Deux fonds sociaux sont également dotés. Le Fonds d'appui à la protection sociale et à la cohésion sociale bénéficie d'une prévision de dépenses de 40,16 milliards de dirhams. Le Fonds de solidarité pour le soutien au logement, à l'habitat et à l'intégration urbaine dispose de 5,72 milliards de dirhams. Reste l'examen parlementaire, au cours duquel les mesures pourront être amendées avant l'adoption définitive.
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