Aller au contenu principal
LesMRE
Rejoindre
LesMRE
AnnuaireGuidesActualités
Nos Services

Rejoindre l'Annuaire

Inscrivez-vous en tant que professionnel

Devenir Partenaire

Cabinets, institutions et associations

Talents & Startups

Proposez votre projet à notre écosystème

À proposContact
ConnexionRejoindre
Fiscalité & Finance

Double imposition Italie-Maroc : guide complet pour les MRE en Italie

Guide complet sur la convention fiscale Italie-Maroc pour les 500 000 MRE en Italie : comment éviter la double imposition, déclarer vos revenus marocains et obtenir un crédit d'impôt.

Mis a jour : avril 2026 · Verifie par l'equipe editoriale LesMRE

🕐 8 min de lecture📋 5 étapesContenu vérifié 2026

La convention fiscale entre l'Italie et le Maroc, signée le 7 juin 1972 et en vigueur depuis 1981, régit la répartition du droit d'imposition entre les deux pays pour les 500 000 MRE résidant en Italie. Ce guide vous explique comment éviter la double imposition sur vos revenus marocains et italiens, et quelles démarches effectuer auprès de l'Agenzia delle Entrate et de la DGI marocaine. Comprendre les règles de cette convention est essentiel pour optimiser votre situation fiscale et rester en conformité avec les deux administrations.

Coûts et frais

Expert-comptable bi-national500–2 000 €/anRecommandé pour situations complexes
Déclaration fiscale italienne (CAF)50–150 €Assistance pour remplir le modello 730
Certificat de résidence fiscaleGratuitÀ obtenir auprès du comune ou de l'Agenzia delle Entrate
Pénalités pour déclaration tardive30–240% de l'impôt dûÀ éviter en régularisant rapidement

Délais à prévoir

1–2 semaines
Détermination résidence fiscaleAnalyse de votre situation personnelle
2–4 semaines
Collecte des documents marocainsQuittances DGI, relevés bancaires
Avant le 30 septembre
Déclaration italienne (modello 730/Redditi)Chaque année pour l'année précédente
Inclus dans la déclaration
Demande de crédit d'impôtJoint à la déclaration annuelle
3–6 mois
Réponse de l'administrationEn cas de vérification ou remboursement
1

Déterminer sa résidence fiscale

Vous êtes considéré comme résident fiscal italien si vous passez plus de 183 jours par an en Italie, si vous y avez votre domicile principal ou votre centre d'intérêts vitaux (famille, travail). En tant que résident fiscal italien, vous êtes imposable en Italie sur l'ensemble de vos revenus mondiaux, y compris ceux de source marocaine. Si vous êtes inscrit à l'AIRE (registre des Italiens résidant à l'étranger), des règles spécifiques s'appliquent. Conservez tous les documents prouvant votre lieu de résidence effective : contrat de location, factures, attestations de présence.

💡 Conseil — Inscrivez-vous à l'AIRE si vous résidez durablement en Italie pour régulariser votre statut administratif.

⚠️ Attention — Ne pas confondre résidence administrative et résidence fiscale : les critères sont différents.

2

Identifier les revenus concernés et leur lieu d'imposition

La convention Italie-Maroc répartit l'imposition selon la nature des revenus. Les revenus immobiliers sont imposés au Maroc (État où se situe le bien). Les salaires sont imposés en Italie (État d'emploi). Les dividendes versés par des sociétés marocaines supportent une retenue à la source de maximum 15% au Maroc (10% si participation supérieure à 25%). Les pensions privées sont imposées en Italie ; les pensions publiques marocaines (fonctionnaires) sont imposées au Maroc. Faites la liste exhaustive de tous vos revenus des deux pays pour ne rien oublier.

💡 Conseil — Demandez un relevé de situation fiscale à la DGI marocaine (tax.gov.ma) pour connaître exactement les impôts payés au Maroc.

3

Déclarer en Italie tous les revenus mondiaux

En tant que résident fiscal italien, vous devez déclarer l'intégralité de vos revenus mondiaux dans votre déclaration annuelle italienne (modello 730 ou modello Redditi PF). Cela inclut vos loyers marocains, dividendes, pensions et tout autre revenu de source marocaine. Utilisez le quadro RL pour les revenus étrangers et renseignez les informations sur les impôts étrangers déjà payés. La déclaration se fait généralement avant le 30 septembre pour les revenus de l'année précédente. Le logiciel ENTRATEL ou les services d'un CAF peuvent vous aider.

💡 Conseil — Les loyers marocains doivent être convertis en euros au taux de change moyen de l'année fiscale concernée.

⚠️ Attention — Ne pas déclarer ses revenus marocains en Italie est une fraude fiscale passible de lourdes sanctions.

4

Demander un crédit d'impôt pour les impôts payés au Maroc

Pour éviter la double imposition, l'Italie accorde un crédit d'impôt (credito d'imposta) correspondant aux impôts légitimement payés au Maroc sur des revenus également imposables en Italie. Ce crédit est plafonné à l'impôt italien calculé sur ces mêmes revenus. Vous devez joindre à votre déclaration les preuves de paiement des impôts marocains : quittances DGI, avis d'imposition. Le crédit s'impute directement sur votre impôt italien dû, réduisant ainsi la charge fiscale totale. Cette démarche est encadrée par l'article 23 de la convention fiscale bilatérale.

💡 Conseil — Conservez toutes les quittances d'impôts payés au Maroc au moins 5 ans pour pouvoir les présenter en cas de contrôle.

⚠️ Attention — Le crédit d'impôt ne peut pas dépasser l'impôt italien correspondant aux revenus marocains.

5

Consulter un expert-comptable bi-national si situation complexe

Si vous détenez plusieurs biens immobiliers au Maroc, percevez des dividendes d'une société marocaine ou avez une situation familiale complexe (conjoint marocain, enfants dans les deux pays), le recours à un expert-comptable maîtrisant la fiscalité franco-italienne et marocaine est vivement recommandé. Ces professionnels peuvent optimiser votre situation, identifier les déductions auxquelles vous avez droit et vous accompagner en cas de contrôle fiscal. Certains cabinets sont spécialisés dans la fiscalité des MRE et disposent d'équipes bilingues français-arabe-italien.

💡 Conseil — Demandez des références à votre communauté ou consultez l'annuaire des experts-comptables italo-marocains.

Pour aller plus loin

La convention fiscale Italie-Maroc de 1972 s'appuie sur le modèle OCDE pour répartir les droits d'imposition entre les deux États. Elle prévoit des mécanismes spécifiques pour chaque catégorie de revenus, avec une priorité généralement accordée à l'État de source pour les revenus immobiliers et à l'État de résidence pour les revenus d'activité. Le mécanisme du crédit d'impôt (credito per imposte estere) permet à l'Italie d'éliminer la double imposition effective sur les revenus marocains, mais uniquement dans la limite de l'impôt italien correspondant. Les 500 000 MRE en Italie, première communauté africaine du pays, sont soumis à des obligations déclaratives strictes depuis le renforcement des échanges d'information automatiques entre les administrations fiscales dans le cadre du Common Reporting Standard (CRS). L'Office des Changes marocain et l'Agenzia delle Entrate partagent désormais des données financières, rendant indispensable une conformité totale. Une planification fiscale proactive, incluant la structuration des revenus locatifs marocains et l'optimisation des timing de distributions de dividendes, peut réduire significativement la charge fiscale globale tout en restant dans le cadre légal.

❌ Erreurs fréquentes à éviter

  • Ne pas déclarer les loyers perçus au Maroc dans la déclaration fiscale italienne
  • Confondre le crédit d'impôt (plafonnée) avec une exonération totale de double imposition
  • Oublier de convertir les revenus marocains en euros pour la déclaration italienne
  • Ne pas conserver les quittances d'impôts payés au Maroc (nécessaires pour le crédit d'impôt)

🔗 Liens et ressources officielles

❓ Questions fréquentes

Suis-je résident fiscal italien ou marocain ?

Vous êtes résident fiscal italien si vous passez plus de 183 jours/an en Italie, y avez votre domicile ou votre centre d'intérêts vitaux (famille, travail principal). Si vous cotisez à l'INPS et travaillez en Italie à titre principal, vous êtes très probablement résident fiscal italien. La double résidence est théoriquement possible mais complexe : la convention prévoit des règles de départage (tie-breaker rules) basées sur le foyer permanent, puis le centre des intérêts vitaux, puis le séjour habituel.

Mes loyers marocains sont-ils imposables en Italie ?

Oui, si vous êtes résident fiscal italien, vous devez déclarer vos loyers marocains en Italie. Cependant, selon la convention, ces loyers sont d'abord imposés au Maroc (IR sur revenus locatifs : 10–40% selon montant). L'Italie accordera ensuite un crédit d'impôt équivalent à l'impôt marocain payé, plafonné à l'impôt italien correspondant. En pratique, si le taux marocain est proche du taux italien, la charge supplémentaire en Italie est faible ou nulle.

Comment éviter de payer deux fois les impôts ?

La convention fiscale prévoit deux mécanismes : 1) La répartition des droits d'imposition (certains revenus ne sont imposables que dans un seul pays) ; 2) Le crédit d'impôt (credito d'imposta) pour les revenus imposables dans les deux pays. Concrètement, vous déclarez tout en Italie, puis vous déduisez les impôts payés au Maroc via le crédit d'impôt. Vous ne payez donc pas deux fois, mais vous bénéficiez d'une imputation de l'impôt marocain sur l'impôt italien.

Qu'est-ce que le crédit d'impôt ?

Le crédit d'impôt est un mécanisme qui permet de déduire de votre impôt dû en Italie le montant des impôts que vous avez déjà payés au Maroc sur les mêmes revenus. Par exemple, si vous avez payé 1 000 DH d'IR marocain sur vos loyers (environ 100 €), ce montant vient en déduction de votre impôt IRPEF italien sur ces mêmes loyers. Le crédit est plafonné à l'impôt italien correspondant : il ne peut pas générer un remboursement si l'impôt marocain est supérieur à l'impôt italien.

Les retraites sont-elles concernées par la convention ?

Oui. La convention distingue deux types de pensions : les pensions privées (INPS, retraites d'entreprise) sont imposées en Italie uniquement. Les pensions publiques versées par le Maroc (fonctionnaires de l'État marocain) sont imposées au Maroc uniquement. Si vous percevez une retraite CNSS marocaine en tant que résident fiscal italien, elle doit être déclarée en Italie mais un crédit d'impôt s'applique pour l'impôt marocain éventuellement prélevé.

La convention couvre-t-elle les successions ?

Non, la convention Italie-Maroc de 1972 ne couvre que les impôts sur le revenu et la fortune. Les droits de succession ne sont pas couverts par cette convention bilatérale. En cas de décès d'un MRE en Italie possédant des biens au Maroc, les deux systèmes successoraux peuvent s'appliquer simultanément : le droit marocain pour les biens situés au Maroc, le droit italien pour ceux situés en Italie. Une planification successorale anticipée avec un notaire bi-national est fortement recommandée.

Comment prouver ma résidence fiscale ?

Pour prouver votre résidence fiscale italienne auprès du Maroc (ou vice versa), vous devez obtenir un certificat de résidence fiscale délivré par l'Agenzia delle Entrate italienne. Ce document atteste que vous êtes bien résident fiscal en Italie et permet de bénéficier des avantages de la convention. Pour l'obtenir, rendez-vous dans un bureau de l'Agenzia delle Entrate avec votre codice fiscale et une pièce d'identité. Le délai est généralement de quelques jours à 2 semaines. Ce certificat est souvent exigé par les banques et l'administration marocaine.

Besoin d'un expert pour votre projet ?

Trouvez un professionnel marocain vérifié par LesMRE pour vous accompagner étape par étape.

Trouver un expert vérifié